Arménie - ETCHMIADZIN : Dévotions... et malédictions du moine !!!

Dimanche 2 juin 2019

Après l'adoption en 301 du Christianisme comme religion d'Etat, la ville d'Etchmiadzin est depuis le Ve siècle le centre de l'Eglise apostolique arménienne et le siège du Catholicos, le plus important dignitaire de l'église, son pape en fait ! On est donc au Vatican...

Construite en 303, la Cathédrale est le plus ancien édifice chrétien d'Arménie...En 2000, la cathédrale de Saint-Echmiadzin a été inscrite à la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Les dimanches et les jours de fêtes religieuses, de nombreuses personnes visitent la cathédrale d'Echmiadzin, où elles reçoivent à la fin de la messe le pain du Seigneur "Nchkharh" lors de la communion.

On était à Yerevan, un dimanche, alors cela valait le déplacement vers Vagharchapat, plus connue sous le nom de Etchmiadzin ...  Tout baignait : le bus "municipal" pour atteindre la gare routière, Kilika, puis la marchroutka, minibus local, pour une vingtaine de kilomètres.!








Hélas la cathédrale est en travaux et les offices ont lieu à Sainte-Hripsimé à 3 km... Qu'à cela ne tienne ! Nos jambes fonctionnent !







On a eu droit à la messe et tout le tralala, mêlés à foule des fidèles ! Et dans le tralala, il y a de magnifiques cantiques... (du moins pour la mélodie, car pour les paroles on repassera !). Les chants d'église, les sagalobeli, font partie intégrante de la musique traditionnelle. La croyance est très profonde, même si quelquefois Ara doit se retourner dans sa tombe ! Le mythe de la fidélité du couple arménien est mis aujourd'hui parfois à rude épreuve comme partout !
 
Mais ! mais ! A la sortie, Dago a une envie de pipi... et ce n'est pas un pipi d'enfant. Il s'arrête dans un petit coin du parc, et, croit-il à l'abri des regards... Mais un moine voyeur surgit... Il nous invective, nous intime l’ordre de dégager, mais surtout nous lance une série de malédictions… ça nous passe au-dessus de la tête…  d’autant que le paysage est merveilleux et qu’à peine sortis nous tombons sur un taxi « partagé » qui nous dépose à Erevan près de notre hôtel… 


Mais c’est dans la soirée que les choses se sont gâtées. Heureusement on a des cerises (à moins de 2 € le kilo !) 



D'abord, Maguy a raté toutes ses photos !!! Ensuite, il devait y avoir de petites guinguettes sur les hauteurs  près de notre hôtel… Mais rien vu au bout de 5 km ! Alors on se dirige dans la rue Tumanyan mais les restaus qui nous plaisent sont complets. Juste une table à Mer Taghe… Bof ! On mange, puis on rentre… Et là horreur ! Le sac de Dago est (une nouvelle fois) resté en rade… 


Le sac est bien sur la chaise !!!




Et là on a été convaincus que les malédictions du moine nous étaient tombées dessus… 18 km à pied au total dans la journée !!! Mais on a récupéré le sac...










Les potins de la commère :


La légende de ARA et SEMIRAMIS

Sémiramis, reine d'Assyrie, se réveilla un matin avec un sourire sur les lèvres quoique regrettant d'avoir ouvert les yeux. En effet, son réveil avait interrompu un rêve agréable...

Elle se trouvait dans un jardin féérique, seule, enfin débarrassée de ses courtisans et de leurs intrigues. Elle se déplaçait avec ravissement parmi les fleurs multicolores, lorsqu'une force mystérieuse la poussa vers un bosquet. Et c'est là qu'elle aperçut un beau jeune homme au regard captivant, à la taille élancée, d'où émanait la force ... Son cœur se mit à battre la chamade...

- Qui es-tu? lui demanda-t-elle en s'immobilisant devant lui.

- Je suis Ara, prince d'Arménie.

- Tu me plais beaucoup, viens avec moi, proposa Sémiramis en étendant son bras vers lui.

Ara ouvrait la bouche pour répondre, quand Sémiramis se réveilla.

Ce matin-là, la reine paressa dans son lit moelleux. Les questions d’État pouvaient attendre. Elle se fit apporter un miroir et examina minutieusement son visage. Elle était jeune. Des cheveux ondoyants d'un noir d'ébène couvraient ses épaules magnifiques. Ses yeux brillaient d'un éclat particulier. Un nez droit, des lèvres écarlates en forme de cœur, un cou de cygne, un corps de déesse complétaient le tableau.

Oui, elle était belle! Ainsi gâtée par la nature et par la vie, elle avait développé un caractère autoritaire, surtout depuis la mort du roi, son mari, qui lui avait confié le trône de la toute puissante Assyrie. Elle exigeait d'être obéie sur le champ, qu'il s'agisse des affaires du royaume ou de ses affaires de cœur.

Ce matin-là, donc, elle n'avait nulle envie de penser aux problèmes politiques. Elle se trouvait encore sous le charme de son rêve et du regard d'Ara. Elle fit venir son scribe et lui ordonna de rédiger une invitation adressée à ce prince lointain, brûlant déjà d'impatience d'en connaître la réponse.

Ara était un homme heureux. Son peuple l'adorait en raison de sa bonté, mais aussi de sa force et de sa beauté et l'avait affectueusement surnommé Ara le Bel. Marié à une femme qu'il aimait et qui le lui rendait bien, leur ménage offrait l'image parfaite du bonheur conjugal, de la loyauté absolue.

Grands furent son étonnement et son indignation quand il reçut la lettre de Sémiramis et en comprit la teneur véritable. "Viens auprès de moi, disait la missive. Tu ne le regretteras pas. Je te rendrai heureux et te couvrirai de présents".

L'effet de sa colère apaisée, Ara relut la lettre et arriva à la conclusion que cette Sémiramis, dont on vantait l'intelligence en même temps que la beauté, n'avait pas un esprit aussi brillant qu'on le disait. Il se rendit auprès de sa femme, la douce Nevart, pour lui demander conseil.

-"Il faut trouver le moyen de ne pas céder au caprice de Sémiramis, sans pourtant la vexer", conseilla Nevart avec sagesse. "Inutile de blesser l'amour-propre de la reine d'un pays si puissant".

Ara répondit donc par une lettre aux termes polis et modérés, mais qui n'en déclinait pas moins l'invitation insensée.

Au reçu de cette réponse, la fureur de Sémiramis se déchaîna. Ara refusait son invitation ! Il faisait semblant de ne pas comprendre son appel pressant ! De plus, il se moquait d'elle, en lui promettant d'aller présenter ses hommages lors d'une prochaine occasion accompagné de... sa femme Nevart ! Une telle insolence méritait punition !

Sémiramis ordonna donc à ses généraux d'organiser une expédition militaire pour capturer Ara et le lui ramener pieds et poings liés.

-N'oubliez pas que je le veux vivant, recommanda-t-elle à plusieurs reprises. Et maintenant allez !

L'armée assyrienne se mit en marche vers l'Arménie. Ara, dans sa candeur, n'avait pu imaginer que le courroux d'une reine offensée prendrait de telles proportions. Maintenant, les dés étaient jetés. L'armée assyrienne approchait. Il se devait de réagir. Il réunit donc son armée et se tint prêt pour la bataille.

Du côté assyrien, chaque soldat avait été prévenu qu'il ne fallait pas tuer Ara, ni même le blesser. Mais lui ne connaissait évidemment pas les consignes. A la tête de ses hommes, il se jeta donc dans la mêlée quand les deux armées se retrouvèrent face à face. La bataille faisait rage depuis plusieurs heures déjà, quand une lance aveugle perça le corps d'Ara, qui tomba inanimé. Les généraux assyriens, tremblant à l'idée de la colère de leur reine, ordonnèrent à leurs hommes de se retirer.

Le champ de bataille fut abandonné aux morts et aux blessés. Déguisée en homme, Sémiramis avait suivi les péripéties de la bataille à l'insu de ses généraux. Elle vit de ses propres yeux la chute de l'homme qu'elle aimait. Elle se précipita sur son cadavre ; ses lamentations furent si violentes qu'elles envahirent toute la plaine.

Les généraux assyriens, reconnaissant la voix de leur reine, revinrent auprès d'elle et, tête baissée, attendirent son verdict. Soudain elle se tut. Elle avait eut une idée. Le regard illuminé par l'espoir, elle ordonna à ses hommes de transporter le corps inerte d'Ara sur les remparts de la forteresse voisine.

Dans la religion païenne, il existe des dieux spécifiques pour chaque occasion. Les païens croyaient en ces temps-là, que si le corps d'un brave, tué sur le champ de bataille, était exposé en un lieu élevé, les dieux Haralèz venaient la nuit et le ranimaient en léchant ses blessures. C'est cet espoir qui avait quelque peu apaisé Sémiramis. Le corps d'Ara fut donc transporté sur les remparts d'une forteresse, où il fut exposé en attendant la bienveillante intervention des dieux Haralèz.

Ce qu'on raconte sur la suite des événements est assez contradictoire. Les uns affirment que les dieux Haralèz ne justifièrent pas leur réputation. Ara demeura inanimé et on finit par l'enterrer.

Les autres prétendent, qu'au contraire, les Haralèz eurent pitié de la douleur de Sémiramis et, éblouis par la beauté virile d'Ara, décidèrent d'accomplir leur tâche. Ils léchèrent les blessures pendant trois nuits consécutives et ranimèrent Ara, après avoir extorqué de Sémiramis la promesse solennelle qu'elle renoncerait à lui...

Ces événements avaient eu lieu dans la région de Van dont les habitants racontent encore de nos jours l'histoire d'Ara ; ils montrent aux visiteurs les ruines de la forteresse, sur les remparts de laquelle avait été exposé le corps de ce prince. Sa loyauté envers sa femme est devenue pour les Arméniens le symbole de la fidélité conjugale.


 




Pratique : Décalage horaire  + 2 h - 1€ = 533 AMD


  • ENVOY HOSTEL toujours
     
  • Pour se rendre à Etchmiadzin : bus sur Mesrop Mashtots (arrêt à gauche en débouchant de Pushkin - Demander Kilika) : 100 AMD/2 - A Kilika (station de bus) très nombreuses "marchroutkas" : 200 AMD/2 - Arrêt en face la cathédrale.
  • Pour revenir de Sainte-Hripsimé à Erevan : à l'arrêt de bus, un taxi s'arrête : c'est un taxi partagé qui nous a demandé 1000 AMD/2 pour nous ramener à l'hôtel...
  •  Restaurant Mer TAGUE - Sorte de pizzeria arménienne - Correct, sans plus : 6450 AMD (Almenian piza - Boulettes - vin : 6450 AMD)
  • On ne conseille pas A PIECE OF WINE - Martiros Saryan St (juste en haut de Pushkin) :
    2 expresso (2000 AMD) et 1 glace (800 AMD)

A suivre :

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